Lead

May 6 14 1:16 PM

Tags : : , ,

 Le Point.fr - Publié le 05/05/2014 à 06:26

AU TRIBUNAL DE L'INTERNET ! La Toile stimule le marché des services sexuels. À vous de juger s'il faut responsabiliser ou non le client.

AU TRIBUNAL DE L'INTERNET : Faut-il sanctionner le client de la cyberprostituée ? AU TRIBUNAL DE L'INTERNET : Faut-il sanctionner le client de la cyberprostituée ? © Anne-Sophie Jahn / Le Point.fr Internet ne cesse de se réinventer, enchaînant les modes et les usages les plus improbables, pour le meilleur ou pour le pire. Tout ce qui est techniquement possible est-il pour autant légitime ? Où placer le curseur des libertés sur Internet ? Faut-il créer de nouvelles infractions ?Après la Neknomination, la gestation pour autrui (GPA) on line, les tweets au tribunal, c'est l'affaire du cybersexe qui comparaît aujourd'hui devant le tribunal de l'Internet.

Anonymat, simplicité, discrétion. Internet recèle tous les ingrédients pour faire prospérer le marché du sexe. La mode est actuellement aux "Seeking Arrangements" via des sites qui mettent en relation des hommes riches (les "sugar daddies") avec de jeunes étudiantes dans le besoin. Le cyber-racolage se dissimule aussi derrière les vitrines légales de sites de petites annonces ou d'annuaires d'escort girls dont la plupart sont hébergés dans des paradis juridiques.

La Toile est par ailleurs un lieu de recrutement idéal pour les proxénètes, qui infiltrent les réseaux sociaux, sites de chats ou forums, et qui font miroiter des gains faciles à leurs jeunes proies. Plusieurs réseaux de proxénétisme ont déjà été démantelés et leurs responsables arrêtés et jugés, mais ce n'est rien à l'échelle du marché juteux de la cyberprostitution.

Faut-il, à défaut de toucher les réseaux criminels, s'en prendre aux prostituées ? Ou bien sanctionner les clients comme le prévoit un projet de loi en discussion au Parlement ? À vous de juger ! Mais... seulement après avoir écouté les arguments "pour" et "contre" de nos deux expertes, ici actrices d'un jeu de rôles. Dans le rôle du procureur, Myriam Quemener défend l'application sur Internet du délit de racolage, ce que réfute l'avocat de la défense, Christiane Féral-Schuhl, qui fait le procès des clients.