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Aug 12 15 11:33 AM

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Morgane Morteuil - Strass. 
"Que se passe-t-il dans la tête des personnes qui pensent que la résolution d'Amnesty (et avec elle les revendications de tous les groupes de travailleurSEs du sexe) de dépénaliser le proxénétisme signifie laisser libre cours à l'esclavagisme, au "travail forcé", etc ? 
il faut le répéter encore et encore apparemment, mais : 
1. dépénaliser le proxénétisme n'entraine pas la dépénalisation de l'esclavagisme (et autres violences, viol, etc) qui sont par ailleurs condamné par des dispositions générales (et non spécial putes)
2. la notion de proxénétisme inclut en revanche toute une gamme d'activités considérées comme "soutenant" l'industrie du sexe : location/prêt d'un lieu de travail à une TDS, bénéfice pris sur ses revenus (parce qu'elle vous paie pour un service, comme faire son site internet ou faire son chauffeur, par exemple). La pénalisation de ces activités contraint les TDS à l'isolement, à ne pouvoir garantir leur sécurité dans le cadre de leur travail, et à une précarité accrue dans de nombreux aspects de leur vie (dont le logement)
3. quand bien même nous voudrions effectivement tout dépénaliser, pensez vous sincèrement que nous avons le pouvoir e demander que toutes les violences, etc restent pénalisées SAUF quand il s'agit d'une pute ? c'est certes souvent ce qui se passe dans les faits, mais a priori personne, jamais, ne se battra pour que ça devienne inscrit dans la loi. Et surtout pas les putes elles-mêmes. On peut penser ce qu'on veut d'Amnesty, et du "human right activism" de manière générale, sur sa dépolitisation notamment, mais dans quelle réalité fantasmée faut-il vivre pour imaginer qu'Amnesty va demander la dépénalisation de la torture des putes ? sérieusement ? 
ceci était en réponse à beaucoup de choses lues dans les médias, réseaux sociaux, et à cette journaliste d'RTL qui m'a appelée en panique hier car "mais vous vous rendez compte ?? ils veulent qu'on arrête de pénaliser les réseaux, etc ????"